Hugo Brégeau

À l’occasion de l’exposition Chrématistique, s’inscrivant au sein de l’événement «mouvements des capitaux», j’ai décidé d’apporter ma participation à ce projet autour d’un travail plus large concernant ma propre économie. Cent francs suisses m’ont donc été confiés par Fabien Vallos et Jérémie Gaulin et seront utilisés pour ma propre économie monétaire et dans le cadre d’un projet initial nommé Iceberg mise en place depuis maintenant un an.
Le postulat fondamental de ce projet est la métaphore de l’iceberg. Lorsqu’il est dans l’eau, on ne peut en voir qu’une petite partie (la partie émergée) sans deviner que cette dernière en cache une plus grosse que l’on peut imaginer uniquement de manière incomplète : la partie immergée. Cette métaphore peut se reproduire dans l’appréciation d’une œuvre d’art par rapport au contexte global de la vie d’un artiste (notamment économique). L’œuvre serait la partie émergée et la vie globale de l’artiste, la partie immergée.
Le point de départ de ce projet est le constat de mon obligation de travailler afin de générer de l’argent, me permettant en partie de vivre et produire. J’ai donc entrepris depuis maintenant quelques années une activité saisonnière de vente de shorts et bermudas sur les marchés du bord de mer en Loire-Atlantique.
Pour réaliser cette œuvre, je suis parti d’une gravure du naturaliste anglais Steven Glussi qui a participé aux toutes premières expéditions polaires. Celui-ci a notamment ramené de son voyage une gravure d’un iceberg avec sa partie émergée et immergée, la partie immergée ayant été représentée de manière imaginaire, étant donné les moyens de l’époque.
J’ai donc de nouveau reproduit cette image fantasmée d’un iceberg en gravure, avec la présence d’un pré-découpage entre les deux parties. Chaque gravure est l’équivalent d’une étiquette présente sur chaque produit à vendre. Les gravures sont présentées à l’envers (partie immergée vers le haut) et attachées au produit avec de la ficelle.
Au moment de la vente, la partie inférieure de l’étiquette (partie émergée de l’iceberg) est détachée afin d’être conservée comme trace de l’échange. Le client part avec le produit et la partie supérieure de l’étiquette, autrement dit la partie immergée de l’iceberg, dont il devient propriétaire.
Les deux parties de l’iceberg s’ignorent à partir du moment où l’étiquette est déchirée. D’un côté, je garde la partie émergée dans le but de l’exposer comme un objet incomplet, de l’autre, le client est parti avec la partie cachée de l’iceberg, autrement dit ma réalité économique, sans pour autant connaître la finalité artistique de ce projet.
Concernant ma participation aux « mouvements de capitaux », 100 francs suisses, soit 84 euros vont être utilisés à l’achat d’une « petite » partie de mon stock, soit à peu près 8 bermudas. Chaque bermuda acheté avec cette somme sera différencié des autres par une étiquette – gravure d’iceberg de couleur, celles du projet initial sont réalisées en encre noire.
La somme engendrée par la vente de ces bermudas sera totalement réinvestie dans l’achat d’autres bermudas, la couleur des étiquettes sera changée, et ainsi de suite…
À la fin de la saison, 84 euros, soit 100 francs suisses seront reversés à nouveau à Fabien Vallos et Jérémie Gaulin.
Le projet sera relayé par une documentation photographique qui retracera les différentes étapes du projet.

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