txt.01.02 – philologie

Glose n°2 sur le concept de philologie

Nous proposons simplement d’entendre la philologie comme un processus d’observation et d’interprétation de l’expression, des contenus et de l’économie des langages. Pour expliciter ce que nous entendions pas langages nous avons précisé qu’il s’agit, en fait, de l’expression, des contenus et de l’économie de nos modes de relation.

Notre mode particulier d’être, en tant qu’il est humain, est linguistique. Dès lors il faut s’accorder sur ce que nous nommons linguistique. Nous proposons d’entendre dans ce terme tout ce qui relève de la possibilité de saisir le réel en tant que monde, c’est-à-dire en tant que possible réalité. Linguistique est le lieu de l’opérativité transformatrice par des signes (autrement dit par le pensable). Le linguistique est une possibilité en tant qu’il est une puissance illimitée aussi bien comme événements de langages que comme entourage. Le linguistique est donc à la fois une puissance de production et une ambiance illimitée. Ambiance signifie que le lieu du vivant est le monde en tant qu’il ne cesse d’augmenter : ambiance est ce que nous nommons la caractérisation du monde comme densité.

Les modes de relations sont donc à la fois les manières avec lesquelles nous réalisons le monde, les manières avec lesquelles nous nous adressons en monde, les manières avec lesquelles nous produisons cette caractérisation comme densité, les manières avec lesquelles nous apparaissons dans ce que nommons ambiance. Réaliser le monde signifie transformer le réel en réalité, c’est à la lettre la production, la fabrication, la réalisation, la construction, etc.; s’adresser en monde, signifie élaborer des processus relationnels (les langages) qui prennent acte de la relation réel-réalité; densifier signifie augmenter incessamment le nombre de relations; enfin être en l’ambiance signifie advenir dans ce qui est caractérisé comme réalité (et être séparé de tout réel).

Nous proposons dès lors d’entendre que la philologie est l’observation de l’expression, des contenus et de l’économie de nos modes de relation.

En tant qu’observation des relations, elle est ce que nous énoncerons (voir fragment du 19 décembre) comme mode d’appréhension de l’écart entre ce qui encore voilé et ce qui est sous le regard. Mais il faut encore préciser que la philologie n’est pas – et ne doit pas – être aléthurgique. Le dévoilement n’est pas révélant mais réalisant. La différence est substantielle en ce qu’elle pense ce que nous appelons énergéia.

Il faut alors distinguer une philologie de l’authenticité en tant que le mode d’interrogation des relations est fondé sur la possibilité de révéler une vérité de l’origine (cf texte 01) et une philologie non authentique mais philosophique en tant que mode d’interrogation des relations non pas comme formules de l’origine mais comme formule de l’usage.

Est donc philologique autant ce qui montre la lettre voilée, que le voile, que l’écart.

C’est en ce sens que nous proposons la formule suivante : l’art est philologique. L’art est philologique parce qu’il montre et regarde (sans pour autant interroger ni répondre) les processus de production et la dimension inauthentique de tout agir et de tout usage.

Si l’on admet qu’il n’y pas d’art en tant qu’objet, ce qui est art n’est que la possibilité inauthentique du processus, c’est-à-dire la possibilité de ce regard si spécial porté sur une manière si spéciale d’être.

Philologia est le rassemblement (logos) des relations (philia). Mais il n’y a pas de sens à l’entendre à l’inverse comme phil’o logos. Maintenons le sens de rassemblement des relations.