TXT05-N03- le gramme

TXT05N03      Le gramme.

  1. grammè : le gramme est le trait. Il est ce qui irrémédiablement sépare en tant qu’il constitue le monde. Tout trait ouvre l’espace en trois espaces : celui même du trait et les deux espaces qui en débordent de chaque côté. Cette relation triple constitue les langages, la dialectique et le mouvement même du sens comme relation.
  2. gramma : le grammon est le caractère. Il est ce qui institutionalise toute séparation. Il est donc la lettre.
  3. grammatikos : la grammaire en tant que tout ce qui s’occupe à la fois du trait et de la lettre (c’est précisément pour cela qui faut penser que la grammaire n’est pas la syntaxe).
  4. grammatophulakéion : la grammophilaxie s’occupe de l’archive, de la conservation et de la préservation des traits et des lettres.
  5. grammikos : la grammère, est ce qui s’occupe essentiellement du tracé et de sa puissance.
  6. la grammolatrie est ce qui est fasciné, par la puissance instituée des grammaires (du gramme et du grammon)
  7. la grammoclastie est ce qui déconstruit l’institution des grammaires afin d’ouvrir la puissance du gramme et du grammon, autrement dit la double puissance de la lettre comme signe et geste.
  8. la grammatologie est ce qui s’intéresse au passage du graphe au gramme en tant qu’affirmation et incrustation de toute égratignure. Égratigner est le nom du geste qui consiste à réaliser un trait. La grammatologie est l’interprétation de cette manière singulière et inchangée que nous avons, en existant, d’égratigner.