TXT07N01 – obstacle

TXT07N01      La philologie est l’observation de l’obstacle entre ce qui se garde et ce qui se re-garde.

La philologie est donc ce qu’il est possible de nommer une méthode d’interprétation des relations produites et entretenues. D’autre part la philosophie est alors ce qu’il est possible de nommer une autorité en vue d’assurer la puissance des contraintes ontologiques et donc des impératifs qui vont constituer nos manières d’être. La philosophie est donc une garde, une vigilance sur l’être. Cependant ce qui se re-garde n’est pas l’être (puisqu’il n’est pas donné à ce mode d’observation), mais uniquement nos modes d’existence. Quel est alors l’obstacle entre cette garde (de l’être) et le re-gard (sur l’existence) ? L’obstacle est précisément ce qui est ob-stat, ce qui se-tient-devant. Comme le terme grec pro-balein. Qu’est-ce qui se tient donc devant au point de gêner la relation entre la garde et le regard ? Précisément ce que nous avons nommé les relations silencieuses. Elles sont ce que nous pourrions appeler ici des formes aphilologiques, en ce sens qu’elles bloquent la possibilité de l’interprétation de la relation en la rendant silencieuse. Nous avons nommé trois relations silencieuses : la pharmakéia, le don et l’arkhè. La philologie est donc l’observation des relations silencieuses qui font obstacle entre ce qui se garde et ce qui se regarde. Faire obstacle signifie ici devoir penser la philosophie comme le système qui justifie le silence ontologique des relations.